BUSINESS au sommet : Quand les voleurs d’idées sont plébiscités par nos élus…

Addendum le 05/06/2008 :

Dernière minute : l’amendement litigieux a été retiré du projet de loi par la Commission mixte paritaire le 3 juin 2008 (…) voir commentaire du 05 juin

Article originel :

L’affaire ne fait pas grand bruit. Et pourtant, elle devrait !!!

C’est un peu comme si des voleurs avaient été escortés par la Police Nationale et applaudis par nos députés et sénateurs. Ces voleurs, vendeurs d’or, seraient venus chiper quelques millions de tonnes d’un métal précieux alternatif à l’or pour la bijouterie, inventé et exploité par quelques mineurs ingénieux. Mineurs qu’ils auraient immédiatement expropriés sans outils ni bagages.

C’est un peu comme si on mettait à la rue Monsieur PASTEUR : l’inventeur qui, par son action, en prenant tous les risques, a contribué à enrichir notre pays et à trouver un remède à un des pires maux de notre humanité.

On cherche encore la grandeur d’âme de nos élus qui sont aux sommets de leur médiocrité dans cette affaire scandaleuse…

Sommes nous gouvernés par des personnes « respectables » qui aiment à planter un secteur d’activité qui a contribué au progrès de notre pays ?

J’aimerais savoir que ce n’est pas le cas.

Ceci afin d’être sûr qu’on ne pas faire fuir une de nos dernières richesses dans ce pays : les entrepreneurs et les inventeurs. Ces gens géniaux qui sont porteurs de progrès et qui se sortent les doigts de l’anus pour mettre des solutions en place… mais qui ne souhaitent peut être pas s’y faire mettre les bananes du régime (de la République).

Le hold up législatif de la branche du travail temporaire sur l’activité de portage salarial.

À la faveur d’un amendement adopté de façon furtive au Sénat le 7 mai 2008 sur le projet de loi de modernisation du marché du travail, la branche de l’intérim s’est offerte et réservée le droit d’exercer « l’activité de portage salarial » (nouveau Code du travail, futur article L. 1251-4, 3°) : ce privilège s’appliquera dès l’entrée en vigueur de la loi.

Selon le rapporteur, « cet amendement de cohérence vise à autoriser les entreprises de travail temporaire à exercer l’activité de portage salarial. Il serait en effet singulier que la branche du travail temporaire organise le portage salarial sans que les entreprises de la branche aient le droit d’exercer cette activité ».

En réalité, ce correctif sonne comme un fantastique putsch juridique et économique, de nature à mettre un point final à une âpre lutte de pouvoirs entre les entreprises de travail temporaire (ETT, essentiellement représentées par le PRISME) et les entreprises de portage salarial (particulièrement celles qui se sont inscrites dans le champ de la Convention SYNTEC).

Si cette manœuvre réussit, la branche des ETT pourra sereinement bloquer la future négociation collective que le projet de loi de modernisation du marché du travail (art. 8, III) s’apprête à confier à la branche du travail temporaire (en tant que « la plus proche du portage salarial ») dans le but d’ « organiser » par accord étendu le portage salarial.

C’est que les ETT n’auront plus besoin de cette négociation collective de branche : le futur article L. 1251-4, 3° du Code du travail les habilitera immédiatement à exercer cette activité et ce avant même qu’elle soit « organisée » par un accord de branche étendu. Pourquoi, dans ces conditions, conduire une négociation qui pourrait ouvrir cet eldorado à des entreprises autres que de travail temporaire, à savoir les entreprises de portage salarial ?

Les entreprises de portage salarial, que les ETT ont toujours jugées comme des concurrents déloyaux, seront de fait évincées du marché qu’elles ont créé : le nouveau cadre légal qu’elles appelaient de leurs vœux ne mentionnera que les ETT parmi les entreprises habilitées. Celles-ci seraient en quelque sorte les ouvrières de la onzième heure, confisquant le concept du portage salarial (et le profit corrélatif) aux acteurs économiques qui l’ont construit et encadré, notamment au travers de l’accord Syntec du 15 novembre 2007 ! Un tour de maître.

En effet, un simple raisonnement a contrario suffira à démontrer qu’aucune autre entreprise n’a le droit d’exercer cette activité depuis qu’elle bénéficie d’une consécration légale. Jusqu’à présent, en l’absence de tout cadre juridique adéquat, le portage salarial était uniformément illégal (selon une opinion dominante, que nous avons néanmoins fermement combattue) pour toutes les entreprises désireuses de le pratiquer, qu’elles soient de portage salarial proprement dit ou de travail temporaire. Cette époque est bientôt révolue. Le futur article L. 1251-70 du Code du travail, issu du projet de loi, livre une définition du portage salarial qui reçoit ainsi l’onction du législateur. Aussi large et imprécise que soit cette définition – qui n’est assortie d’aucun régime juridique puisque la négociation de branche précitée a précisément pour objet de le bâtir…–, elle aboutit à légaliser le portage salarial dès l’entrée en vigueur de la loi : mais, à cette date, seules les ETT figureront dans le tableau législatif ; les entreprises de portage salarial n’ont aucune certitude d’y apparaître un jour.

Certes, le Sénat a également imposé, par voie d’amendement, « la consultation des organisations représentant des entreprises de portage salarial » préalablement à la négociation attribuée à la branche de l’intérim, afin de ne pas tenir à l’écart les trois fédérations d’entreprises de portage salarial (SNEPS, FNEPS, UNEPS), en particulier celle signataire de l’accord du 15 novembre 2007 (SNEPS). Mais cette consultation peut sombrer avec la négociation et, de toute manière, n’entravera pas les tentatives d’obstruction sus-décrites.

Le ministère du Travail se trouve lui-même pris à revers par cette manœuvre législative. Celui-ci comptait peser sur l’élaboration conventionnelle du régime juridique du portage salarial en agitant le refus éventuel de prendre un arrêté d’extension de l’accord conclu par la branche de l’intérim. Désormais, les ETT n’auront cure de l’absence de négociation collective et, encore plus, de l’absence d’accord collectif étendu. À elles la liberté contractuelle !

Si les entreprises de portage salarial ne veulent pas perdre la partie, elles doivent alerter les députés avant la date à laquelle se réunira la Commission mixte paritaire à l’Assemblée nationale (tout début juin, sauf report). Le risque est grand qu’elle adopte tel quel l’amendement furtif et que les deux assemblées parlementaires votent le texte comme un seul homme, inconscient des enjeux ou tout acquis à la défense du travail temporaire.

Patrick MORVAN
Professeur à l’Université Panthéon-Assas
17 mai 2008
http://patrickmorvan.over-blog.com/article-19628263.html

On se demande pourquoi le législateur, même endormi, a cru bon de restreindre les sociétés autorisées à faire du portage salarial et, pire, mettre à la rue des sociétés qui, à ce jour, ont contribué à permettre à des personnes de trouver un nouvel essor professionnel et social.

Le problème étant exprimé ainsi, la solution est ultra simple : Mettons en place des dispositifs et règles pour préserver de dérapages, et

Laissons le marché et les clients décider.

Ce système de portage étant d’ailleurs excellent car il est pris entre 2 clients : le client final du prestataire, et le prestataire lui-même (qui peut choisir son porteur).

Participez à une chaîne utile, faites connaître cette information.

Marc


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4 réponses pour “BUSINESS au sommet : Quand les voleurs d’idées sont plébiscités par nos élus…”

  1. Bonjour,

    Nous ne sous sommes pas encore rencontrés au CB69, mais je viens de voir votre réaction (juste au-dessous de la notre) sur http://patrickmorvan.over-blog.com/article-19628263-6.html#anchorComment

    Cet article a été publié sur http://www.guideduportage.com/presse/1359_legislation-du-portage-salarial.htm , à l’initiative de Lise CASAUX-LABRUNÉE avec qui nous sommes en relation depuis plusieurs mois.

    Elle nous a transmis ce 19 mai le document (annoté par nos soins), accessible sur notre site par http://www.actunion.eu/accueil/pdf/pdf/Portage_Forum_LCL_SSL1349.pdf

    Nous redoutons cependant que les parlementaires (députés et sénateurs), que le Professeur Patrick MORVAN appelle de ses voeux, ne s’impliquent pas dans ce dossier (capital pour l’avenir de notre profession), comme celà est souvent le cas, tel que nous avons pu le constater avec le résultat quasi insignifiant de notre pétition…

  2. Bonjour,
    Pour être bien sûr d’être clair, ce qui me choque dans la position tenue actuellement :
    1. C’est du VOL (du haut vol même)
    2. C’est ANTI CONCURRENTIEL
    C’est d’ailleurs sur ce second point que je conseillerais aux intéressés de faire se pencher quelques personnes, parmi lesquelles la DGCCRF, son pendant européen et à l’OMC, Bruxelles…
    Bien cordialement,
    Marc

  3. Bonjour,
    Bonne nouvelle :

    Dernière minute : l’amendement litigieux a été retiré du projet de loi par la Commission mixte paritaire le 3 juin 2008, contre l’avis de son rapporteur ! Le texte, dans sa nouvelle version, devrait maintenant être adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat définitivement. Rappelons néanmoins cet épisode très révélateur du duel qui oppose l’intérim aux sociétés de portage salarial et qui va connaître encore des développements.
    Source : LE HOLD UP LEGISLATIF DE LA BRANCHE DU TRAVAIL TEMPORAIRE SUR L’ACTIVITE DE PORTAGE SALARIAL

    Cordialement,
    Marc
    Nota Bene : Le nom du rapporteur est :

  4. Information reçue de ACTUNION déjà intervenu plus haut :

    Bonsoir,
    Suite au commentaire de ce 05/06/2008 17:51:58, relevé sur le blog de Patrick MORVAN, le rapporteur est le député Dominique DORD…
    Voir les liens :
    - http://www.senat.fr/rap/l07-364/l07-3640.html
    - http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/modernisation_marche_travail.asp
    - http://ameli.senat.fr/publication_pl/2007-2008/364.html
    - http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r0920.asp
    Bonne soirée.

    Merci

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